L’associazione Utopia rossa considera suo fondamento politico il principio secondo cui il fine non giustifica i mezzi, ma nei mezzi si deve riflettere l’essenza del fine. Non ha programmi politici, come del resto non ne aveva la Prima internazionale. Nonostante le più diverse provenienze ideologiche dei suoi sostenitori, essa ritiene che l’anticapitalismo dilagato dopo l’inizio dell’Antirivoluzione russa (dicembre 1917) sia stato motivato fondamentalmente da idee precapitalistiche, cioè retrograde, e non da progetti di civiltà in grado di superare il capitalismo sviluppando ulteriormente i suoi modelli di democrazia. Ciò spiega anche il prevalere, nella storia della cosiddetta «sinistra», di simpatie per i regimi dittatoriali di ogni specie e colore. Utopia rossa si batte contro l’ulteriore diffusione di ideologie precapitalistiche vecchie e nuove (in campo politico, culturale, ecologico, religioso ecc.), come parte della sua battaglia per il superamento del capitalismo, se si vuole salvare la vita sulla Terra con la sua umanità. In questo senso la sua utopia continua ad essere rossa.

The Red Utopia association considers its political foundation to be the principle that the end does not justify the means, but that the means must reflect the essence of the end. It has no political program, just as the First International did not. Despite the diverse ideological backgrounds of its supporters, it believes that the anti-capitalism that spread after the start of the Russian Anti-Revolution (December 1917) was fundamentally motivated by pre-capitalist – that is, retrograde – ideas, and not by civilizational projects capable of overcoming capitalism and of further developing its democratic models. This also explains the prevalence, throughout the history of the so-called «left», of sympathies for dictatorial regimes of all kinds and colors. Red Utopia fights against the further spread of old and new pre-capitalist ideologies (in the political, cultural, ecological, religious, and other fields) as part of its battle to overcome capitalism, if life on Earth, including its humanity, is to be saved. In this sense, its utopia remains red.

PER SAPERNE DI PIÙ CI SONO UNA COLLANA DI LIBRI E UN BLOG IN VARIE LINGUE…

sabato 15 agosto 2026

COHÉRENCE ENTRE FINS ET MOYENS

par Michel Antony


FRANÇAIS - ITALIANO - ENGLISH


Vers des “politiques préfiguratives” résolument libertaires 


“Le mal ne renfermera jamais le germe du bien. La liberté ne se recueillera jamais au milieu des décombres. Les décombres n'offrent que des pierres pour bâtir des prisons nouvelles et des fers pour de nouvelles oppressions”

Clarisse VIGOUREUX, fouriériste franc-comtoise, vers 1834[1].

 

“Mais un but qui a besoin de moyens injustes, n'est pas un but juste…”
Karl MARX, Rheinische Zeitung, 1842.

 

“Les moyens découlent des principes” 
Jean GRAVE La société mourante et l’anarchie 1893[2].

 

“Il ne s'agit pas de faire l'anarchie aujourd'hui, ou demain, ou dans dix siècles ; mais il s'agit de marcher vers l'anarchie aujourd'hui, demain et toujours”.

Errico MALATESTA - 1899[3].


“Une fin ne se laisse atteindre que lorsque le moyen est déjà peint aux couleurs de cette fin”
Gustav LANDAUER Pensées anarchistes sur l'anarchie 1901[4].


 “La fin est dans les moyens comme l'arbre est dans la semence”
attribué à Mohandas KARAMCHAND GANDHI.


 “…si la politique n'est pas une morale en action, 

alors c'est l'art de tromper et d'exploiter les hommes”. 
Manuel GONZÁLEZ PRADA[5]. Début XX° siècle.

 

“…ll y a des liens indissolubles entre les moyens et la fin (et nous savons que) nous allons compromettre d'une manière irrévocable une bonne cause en la défendant avec de mauvais moyens…”.

Clara WICHMANN - 1919[6].

 

“Toute l'expérience humaine nous enseigne que les méthodes et les moyens ne peuvent être séparés de l'objectif final… (l'organisation de la société post-révolutionnaire) peut constituer un véritable pont, fiable, vers une vie meilleure à condition d'être construite du même matériau que la vie que l'on désire”

Emma GOLDMAN - My Disillusionment in Russia - 1923[7]
Et de manière encore plus explicite :

“Aucune revolution ne deviendra jamais un facteur de libération si les moyens utilisés pour l’approfondir ne sont pas en harmonie, dans leur esprit et leur tendance, avec les objectifs à accomplir”[8].


 “La révolution devra être faite au nom de la justice, de la liberté et de la solidarité humaine, et elle doit être menée avec des méthodes qui s’inspirent de la justice, de la liberté et de la solidarité. Sinon nous ne ferons que tomber d’une tyrannie dans une autre”.

Errico MALATESTA – 1924[9].

 “Si pour vaincre on doit élever la potence dans les places, je préfère perdre”

Errico MALATESTA – 1924[10].

 

“L’Anarchie n’est pas un point terminal mais un chemin, une direction pour faire progresser le progrès social et humain”

Isaac PUENTE – 1933[10bis].


“Qui veut la fin veut les moyens, étant entendu que toute fin réclame des moyens appropriés. Il faut de toute évidence employer des moyens différents pour bâtir une vaste prison totalitaire ou pour fonder une démocratie de travailleurs”

Victor SERGE [Vktor L’vovič Kibal’čič] – 1938-39[11]. 

“La fin, loin de justifier les moyens, les commande, et pour la fondation d'une démocratie socialiste les vieux moyens de la force armée sont inappropriés”

Victor SERGE – 1941[11bis].


 “Tracer (correctement) le chemin est sans doute plus important que définir précisément le point d'arrivée”[12]

Luce FABBRI – (1952).

 

“L'autogestion est à la fois un moyen de luttes frayant un chemin et un moyen de réorganisation de la société… C'est la voie et l'issue…”

Henri LEFEVBRE - 1966[13].

 

“…ce n'est pas en répondant à la haine par la haine, à la brutalité par la brutalité et à l'infamie par l'infamie, que notre espèce parviendra à devenir humanité, ni l'humanité à vivre en harmonie…”[14]

Miguel GIMÉNEZ IGUALADA Anarquismo 1968.

 

“…les moyens définissent et donnent couleur aux fins…”

Paul GOODMAN - 1971[15].

 

“Le socialisme ne vaut pas mieux que le capitalisme s'il se sert des mêmes outils. Il n'est pas immunisé contre le technofascisme”

André GORZ (Michel BOSQUET) Écologie et liberté 1977.

 

“…le problème fondamental d'une organisation qui vise à l'instauration d'une société sans classes, s'autogérant elle-même, c'est d'être à la hauteur de sa visée, c'est déléborer des moyens appropriés aux fins, c'est-à-dire homogènes à la fin… L'organisation de l'autogestion passe aujourd'hui par l'autogestion de l'organisation”.

Romain DENIS/Georges LAPASSADE - 1978[16].

 

“…faire en sorte que tout projet autogestionnaire pour demain s'inscrive dans les plis des pratiques autogestionnaires d'aujourd'hui”
Olivier CORPET - 1981[17].

 

“…la fin détermine les moyens et les moyens conditionnent la fin. Le comment tu fais, au-delà de tes intentions, décidera finalement ce que tu auras fait et où tu seras arrivé. S'il en est ainsi, tu définis et construis le but en chemin…”[18]
Adolfo GILLY 1997.


“Miser sur la contrainte pour abolir la contrainte, c’est miser sur l’esclavage pour instaurer la liberté. Nous ne vaincrons pas la mort avec les armes de la mort”.

Raoul VANEIGEM Pour une internationale du genre humain 1999[19].

 

“Fais attention au présent que tu crées pour qu'il puisse ressembler au futur de tes rêves”

Bolivie - Collectif Mujeres Creando - début XXI° siècle.

 

“…la liberté est le but, mais aussi le chemin…”
Daniel BARRET - années 2000[20].


“La fin ne justifie pas les moyens, et dans les moyens que nous utilisons doit apparaître l'essence de la fin projetée”

Roberto MASSARI/UTOPIE ROUGE - 2001[21].

 

“L'anarchisme se définit comme la recherche de la liberté, 
mais au moyen de la liberté elle-même”

Aníbal A. D'AURIA - 2007[21bis].

 

“La cohérence a toujours été pour les anarchistes un attribut fondamental de leur manière d'être et d'agir” 

Francesco CODELLO 2009[22].

 

“L'essentiel de la problématique libertaire consiste donc à mettre en adéquation l'idéal et les moyens dans ce cadre” 

Philippe PELLETIER 2010[23].

 

“Comment construire une force qui ne soit pas une organisation ?”

COMITÉ INVISIBLE 2014[24].

 

J’ai déjà évoqué ce point crucial de la pensée anarchiste, qui est peu partagé par les autres courants révolutionnaires ou insurrectionnels, et qui au contraire se dresse comme un anti-léninisme ou un anti-blanquisme absolu. Pour Aníbal D'AURIA, c'est avec le socialisme antiautoritaire, l'un des 2 axes qu'il retient pour tenter de définir l'anarchisme[25]. C'est ce qui rend sans doute si originale et séduisante la pensée libertaire dans un monde qui a toujours agi sans scrupules ni modération pour atteindre vérités ou utopies formatées. Le but recherché de toute vraie pensée libertaire est de ne pas sacrifier l’essentiel. Il ne faut pas “sacrifier l’éthique à l’efficacité”[26] assure encore aujourd’hui Denis LANGLOIS. Une nouvelle fois la primauté de l'éthique (ou d'une “conception éthique de la politique”) place les anarchistes de tout poil comme un des mouvements les plus rigoureux (et les plus rigoristes parfois), ce qui les rapproche - sous une forme résolument laïque et vitaliste - de certains mouvements religieux[27] et de la plupart des nouveaux mouvements sociaux plus récents. C'est en tout cas une des grandes similitudes avec l'anarchisme non-violent de GANDHI tels que le définissent Jean-Marie MULLER[28] et Manuel CERVERA-MARZAL[29] : le mahatma considère “"que tout, en définitive est dans les moyens. La fin vaut ce que valent les moyens"… Le rapport est aussi inéluctable qu'entre la graine et la semence. On récolte exactement ce que l'on sème”.

Les moyens doivent toujours être au plus près des principes et des buts, d'où la formulation récente de “politique préfigurative”[30]. La “préfiguration” est ici considérée comme libertaire, mais elle peut aussi s’appliquer à d’autres pensées du changement. Un acte préfiguratif est une action qui ébauche dans le présent ce qui pourrait être le futur souhaité “en développant les formes, les logiques et les éthiques des valeurs ultimes”[31]. C’est un concept nouveau surtout depuis l’article de Carl BOGGS en1977[32], mais vraiment développé seulement en fin du XX°-début du XXI° siècle, et qui doit beaucoup à Uri GORDON, Ruth KINNA ou David GRAEBER. Mais ce n’est pas un concept novateur car il reprend sous un autre nom l’éthique de la cohérence. Il remonte à toute la pensée expérimentaliste acrate (au moins au XIX° siècle avec Joseph DÉJACQUE et Giovanni ROSSI). Il revitalise également “l’utopie concrète blochienne” en insistant sur le lien fort et essentiel entre actions et pensées immédiates des fins poursuivies. Comme “l’horizontalisme”, la pensée “préfigurative” aide à préciser les pensées libres actuelles, mais ces concepts ne font souvent que redire sous un autre vocable ce que les penseurs acrates les plus attentifs avaient pu exposer auparavant. Aussi l’apparition de nouveaux termes qui font mode peut constituer un avantage car ils évitent de ne s’adresser qu’aux anarchistes et permettent ainsi de multiplier les convergences tout en forçant l’anarchisme à se renouveler[33], mais ils peuvent aussi ajouter à la confusion et surtout encourager des débats purement intellectuels qui n’apportent somme toute qu’assez peu à la praxis analysée. Plus dommageable encore est que la “politique préfigurative” peut s’appliquer aussi à des praxis non libertaires, ainsi un léniniste visant à la création d’un État autoritaire et agissant de manière autoritaire dans les structures qu’il met en place ici et maintenant est parfaitement en accord avec la conception primaire du concept. Si l’anarchisme doit utiliser ce vocable qui reste surtout utilisé dans l’aire anglosaxonne, il doit à mon sens pour être compréhensible mettre l’adjectif “anarchiste” ou “acrate” dans la formule, du genre : “politiques préfiguratives libertaires”.

Citons encore Luigi FABBRI “Le problème social doit être affronté dans sa complexité, et la lutte humaine, ni dans la fin souhaitée, ni dans les moyens utilisés ou proposés, ne doit jamais abandonner les chemins de la justice et de la liberté”[34]. Tout est dit ici pour définir ce qu’on appelle souvent l’humanisme libertaire. Il reprend en fait sous une autre forme la phrase de GRAVE “le meilleur moyen de devenir libre… est d’user de la liberté”[35].

Amedeo BERTOLO en bon malatestien fait de cette cohérence-congruence le noyau épistémologique de la pensée libertaire : “je vois comme véhicule de cette mutation la méthode libertaire qui signifie reconnaître, comme MALATESTA, si ce n’est l’identité des moyens et des fins, du moins la congruence et la cohérence des moyens et des fins. C’est le noyau méthodologique épistémologique de la méthode libertaire et anarchiste”[36].

 

Il faut cependant mettre un bémol et évoquer FOURIER, celui qui notamment affirme “qu'importe d'aller au bien par l'immoralité” si les voies morales n'ont jamais conduit qu'à la pauvreté et aux désordres note Simone DEBOUT[37]. Ce n'est pas contradictoire avec la cohérence éthique, c'est dire simplement que la morale en vigueur n'est pas la nôtre, et donc que nos voies sont diverses. D'autre part c'est évoquer pour FOURIER la “fausseté harmonique”, qui refuse de penser que seule la vérité est révolutionnaire (et donc à toujours affirmer). Dans un couple comme dans une société, le secret ou la vérité partielle, s'ils permettent l'harmonie et la satisfaction de chacun-e, ne sont donc pas condamnables et au contraire profitables.

Tout le débat sur la propagande par le fait et l'usage du terrorisme pose un énorme problème pour la question de la cohérence. Les anarchistes qui ont utilisé le meurtre, l'attentat aveugle, la violence physique contre jaunes ou patrons… utilisent des méthodes non excusables en termes d'éthique, mais parfois nécessaires comme résistance obligée. Il y a donc eu dans l'histoire du mouvement des dérives et des débats internes eux-mêmes parfois marqués d'une grande violence.

En 1934 Émile ARMAND en défendant le “débrouillage”[38], c'est-à-dire le droit d'utiliser des méthodes pas forcément éthiques pour survivre dans une société inégalitaire, en rajoute dans l'ambiguité. Il n'est pas défendable quand il dit que la question de la dignité ne concerne que l'anarchiste qui se débrouille personnellement, car son acte le dépasse et car ses victimes (même bourgeoises) ont aussi leur mot à dire.

Quelques “débrayeuses” libertaires en 2013 vont un peu dans le même sens, demandant “à en finir avec l'exigence de cohérence totale”[39]. On ne peut pas être totalement exemplaires et parfaits, personne ne l'est, c'est la vie dans sa diversité et ses incohérences. Il faut donc relativiser l'idée de cohérence, en montrant ses impossibilités et en réfutant une culpabilisation malseine et inefficace. L'autrichien Gabriel KUHN va dans le même sens en valorisant un groupe de militants danois : il faut relativiser et contextualiser la notion de cohérence, notamment sur la violence : certes tout ne serait pas acceptable comme moyen, mais toute fin pourrait aussi accepter une pluralité de moyens, ce qui ouvre la voie à un rejet de la cohérence absolue[40].

Cela rappelle le débat sur la transparence, à la fois une bonne chose (clarté, honnêteté, appel au débat…) et une mauvaise chose (perte de l'intimité, du secret nécessaire, surveillance constante, totalitarisme anti-individuel…).


[1] DUBOS Jean-Claude Clarisse VIGOUREUX (1789-1865) égérie de Charles FOURIER et de Victor CONSIDERANT, -in-CORBIN Alain/LALOUETTE Jacqueline/RIOT-SARCEY Michèle Femmes dans la Cité 1815-1871 (Colloque des 20 et 27 novembre 1992), Grane: Creaphis, p.423-438, 1997, p.431

[2] Titre de chapitre de GRAVE Jean La société mourante et l'anarchie (1893), Paris, Tops, 154p, 2007, p.125

[3] MALATESTA Errico Verso l'anarchia, -in-La Questione sociale, Paterson: 02/12/1899

[4] LANDAUER Gustav Pensées anarchistes sur l'anarchie - Anarchische Gedanken über Anarchismus (1901)
-in-La communauté par le retrait et autres essais, Arles: Éditions du Sandre, 298p, p.55-64, 2009, p.58

[5] Cité par GERMANÁ César Manuel GONZÁLEZ PRADA y el surgimiento del pensamiento crítico en el Perú
-in-WARD Thomas "El porvenir nos debe una victoria". La insólita modernidad de Manuel GONZÁLEZ PRADA, Lima: Red para el Desarrollo de las Ciencias Sociales en el Perú, p.173-200, julio de 2010, p.189

[6] WICHMANN Clara Antimilitarisme et violence (1919), -in-Textes choisis, Saint-Georges d'Oléron: Les éditions libertaires, p.11-17, 2016, p.17

[7] Cité par GORDON Uri Anarchy alive! Les politiques antiautoritaires de la pratique à la théorie, Lyon: ACL, traduit par Vivien García, 248p, 2012, p.64

[8] Cité par GORDON Uri La politique préfiguratrice entre pratique éthique et absence de promesse, -in-Préfigurations : par ici l’utopie ? Réfractions, n.46, p.35-48, printemps 2021, p.43

[9] MALATESTA Errico Comunisti e fascisti, -in-Pensiero e Volontà, Roma: a.1, n°9, 01/05/1924

[10] MALATESTA Errico Il Terrore rivoluzionario, -in-Pensiero e Volontà, Roma: a.1, n°19, 01/10/1924

[10bis] PUENTE Isaac Los programas, la anarquía y la perfección, -in-Tierra y Libertad, 13/09/1934

[11] SERGE Victor [Viktor L’vovič Kibal’čič] sans titre, inédit, extrait du dactylogramme autographe de 19 pages, p.5 

[11bis] SERGE Victor Mémoires d’un révolutionnaire, Paris: Laffont, 2001, p.694

[12] FABBRI Luce El camino. Hacia el socialismo sin Estado (1952), Montevideo: Nordán-Comunidad, 94p, 2008, p.72

[13] LEFEVBRE Henri Problèmes théoriques de l'autogestion, -in-Autogestion et socialisme, Paris: Anthropos, n°1, p.59-70, décembre 1966

[14] GIMÉNEZ IGUALADA Miguel Anarchisme. 1968, Paris: L'Harmattan, 232p, 2010, p.62

[15] GOODMAN Paul Appunti di un conservatore neolitico (1971), -in-Individuo e comunità. Scritti politici Milano: Elèuthera, nuova edizione, p.99-121, 2014, p.109

[16] DENIS Romain/LAPASSADE Georges Apprentissage de l'autogestion, ébauche d'une plate-forme, -in-Arguments, n°4, éditions 10X18, février 1978, Cf. http://1libertaire.free.fr/Lapassade01.html, consulté le 21/05/2013

[17] CORPET Olivier À propos de quelques autogestions à la française : esquisses prospectives, -in-L'Institution, Paris: PUF, p.361-403, 1981

[18] GILLY Adolfo Domination et résistance : deux inconnues devant le zapatisme, -in-Utopie critique, Paris: Syllepse, n°9, p.61-76, 1° trimestre 1997, p.76

[19] VANEIGEM Raoul Pour une internationale du genre humain, Paris: Le Cherche Midi, 189p, 1999 puis Paris: Folio Actuel, 265p, 2001, p.248

[20] BARRET Daniel (SPÓSITO Rafael) Los sediciosos despertares de la anarquía, Buenos Aires: Libros de Anarres - Nordan Comunidad - Terramar ediciones, Colección Utopía Libertaria, 272p, 2011, p.222

[21] MASSARI Roberto, Texte fondateur d'UTOPIA ROSSA en 2001. Voir R. Massari, Dal piombo allo stagno, Bolsena : Massari Editore, pp. 185-193

[21bis] D'AURIA Aníbal A. Introducción al ideario anarquista, -in-GRUPO DE ESTUDIO SOBRE ANARQUISMO El Anarquismo frente al derecho. Lecturas sobre Propiedad, Familia, Estado y Justicia, Buenos Aires-La Plata: Libros de Anarres-Terramar Ediciones, p.11-49, 2007, p.14

[22] CODELLO Francisco Né obbedire, né comandare. Lessico libertario, Milano: Elèuthera, 160p, 2009, p.40

[23] PELLETIER Philippe L’anarchisme, Paris: Le Cavalier bleu, 128p, 2010, p.28

[24] COMITÉ INVISIBLE À nos amis, Paris: La Fabrique, 250p, 2014, p.233

[25] D'AURIA Aníbal A. Introducción al ideario anarquista, op.cit., 2007, p.14

[26] LANGLOIS Denis L’utopie est morte ! vive l’utopie !, Paris: Michalon, 175p, 2005, p.59

[27] GARCÍA MORIYÓN Félix Del socialismo utópico al anarquismo (1985), Buenos Aires-La Plata : Utopía Libertaria - Libros de Terramar, 182p, 2008, p.145

[28] MULLER Jean-Marie GANDHI, la sagesse de la non-violence, Paris: Desclée de Brouwer, 1994

[29] CERVERA-MARZAL Manuel GANDHI de l 'antilibéralisme à l'anarchisme non-violent, -in-Réfractions, Indignations… Occupations… Insurrections…, Paris: n°28, p.125-141, printemps 2012, p.136

[30] GORDON Uri Anarchy alive! Les politiques antiautoritaires de la pratique à la théorie, Lyon: ACL, traduit par Vivien García, 248p, 2012, p.59

[31] SWARTZ Jeffrey El neo-impresionismo y la anarquía. Prefiguraciones de un compromiso político, Barcelona: Tesis para optar al grado de Máster en Estudios Avanzados en Historia del Arte. Universidad de Barcelona, 163p, Junio de 2016, p.11

[32] BOGGS Carl Marxism, Prefigurative Communism and the Problem of Workers Control, -in-Radical America, v.11, n.6, p.99-12, 

[33] IBÁÑEZ Tomas Variations autour du concept de préfiguration en partant de Ruth KINNA, -in-Préfigurations : par ici l’utopie ? Réfractions, n.46, p.24-33, printemps 2021, p.32

[34] FABBRI Luigi Aspettando la nuova aurora, -in-Vogliamo, Biasca, a.II, n°3, marzo 1930 (cité par Francesco CODELLO La buena educazione, 2005, p.314)

[35] GRAVE Jean La société mourante et l'anarchie (1893), Paris, Tops, 154p, 2007, p.128

[36] BERTOLO Amedeo Éloge du cidre, -in-PUCCIARELLI Mimmo/PATRY Laurent L’anarchisme en personnes. Entretiens avec Eduardo COLOMBO, Ronald CREAGH, Amedeo BERTOLO, John CLARK, Marianne ENCKELL, José Maria CARVALHO FERREIRA, Lyon: ACL, 368p, 2006, p.219

[37] [37] DEBOUT Simone Le destin exceptionnel d'un manuscrit, in-Le nouveau monde amoureux Dijon: Presses du réel, CIV+456p, XIX-CIV, 2013, p.LXIX

[38] ARMAND Émile Débrouillage, -in-Encyclopédie anarchiste, Paris: Œuvre Internationale des Éditions Anarchistes, La Librairie Internationale-La Fraternelle, Vol. II, p.640, 1934

[39] QUELQUES DÉBRAYEUSES Aux sources sourdes de la puissance, -in-Réfractions Les Conflits c’est la vie !, Paris: n°31, p.79-92, automne 2013, p.83

[40] KUHN Gabriel Comme un disque rayé. Violence et résistance politique, -in-A comme résistAnces, Réfractions, Paris: n.40, p.81-92, printemps 2018, p.92



ITALIANO

lunedì 3 agosto 2026

UNA NUOVA ECONOMIA CUBANA?

di Samuel Farber


ITALIANO - ENGLISH


Le modifiche proposte convinceranno l'amministrazione Trump ad alterare la sua attuale politica nei confronti di Cuba?

(31 luglio 2026)


Il 18 giugno, Manuel Marrero Cruz, primo ministro cubano, ha presentato un programma di 176 punti per ristrutturare radicalmente l'economia cubana. Marrero si è rivolto al suo pubblico all'Assemblea Nazionale del Potere Popolare sostenendo che "la pianificazione socialista non esclude ma deve incorporare e regolare le regole del mercato". Come è consuetudine nello Stato cubano a partito unico, ciò che i leader politici non dichiarano apertamente può essere più importante di quanto viene esplicitamente affermato.

Così, Marrero non ha detto nulla sul fatto che le riforme siano motivate dagli ultimatum ripetuti del presidente Donald Trump e del segretario di Stato Marco Rubio al governo cubano, affinché apporti cambiamenti radicali verso il mercato e il capitalismo. In caso contrario, Cuba avrebbe dovuto affrontare escalation ancora più drastiche del blocco attuato da Trump, che includeva l'impedimento al governo cubano di importare petrolio, estendendo così i blackout che il popolo cubano subisce da mesi. Inoltre, Trump ha esercitato pressioni efficaci su diverse compagnie di navigazione come Hapag-Lloyd e catene alberghiere straniere come la spagnola Meliá affinché abbandonassero Cuba. Nel contesto del forte sostegno di Trump alla svolta a destra di paesi latinoamericani come Argentina, Cile, Bolivia, Colombia e Perù, le misure contro Cuba devono essere viste come parte di ciò che lo scrittore cubano Rafael Rojas ha opportunamente chiamato "la strada verso una ricolonizzazione di Cuba".

Un elemento centrale delle 176 riforme presentate dal premier Marrero è quello di avvicinare il più possibile le imprese statali cubane alle regolari imprese capitalistiche, evitando al contempo la perdita totale del controllo economico da parte dello Stato cubano. Così, mentre il governo manterrà il controllo di maggioranza delle imprese statali, queste potranno acquistare azioni in altre imprese e vendere le proprie azioni a qualsiasi investitore, inclusi stranieri e cubani residenti all'estero. Le imprese costituite con capitale straniero non dovranno più selezionare e impiegare personale con il governo che funge da agenzia per l'impiego monopolistica e potranno importare liberamente dall'estero tutto ciò di cui hanno bisogno per gestire le loro imprese.

Poiché anche alle cooperative sarà consentito importare direttamente dall'estero, questa misura infliggerà un duro colpo al monopolio del commercio estero dello Stato cubano. Considerando l'attuale crisi dell'agricoltura cubana—l'80% del cibo è importato—il governo inviterà le imprese private a investire in terreni di proprietà statale che saranno concessi loro in usufrutto, cioè potranno essere coltivati a scopo di lucro ma non acquistati e venduti. Altre misure completano il chiaro orientamento al mercato delle riforme proposte, come l'eliminazione dei controlli sui prezzi e la sostituzione del sussidio universale dei prodotti di base attraverso la tarjeta (tessera annonaria), il cui valore era già in calo, con un aiuto limitato alle persone più vulnerabili e basato sul reddito.

Marrero ha anche promesso di ridurre significativamente le attività in cui alle imprese private non è stato consentito operare, dalle attuali 125 a 55. Fino ad ora, le cosiddette Pymes (piccole e medie imprese private) non potevano impiegare più di 100 lavoratori. Questo limite verrà ora rimosso, mentre le imprese che assumeranno oltre questo limite non saranno più chiamate Pymes ma semplicemente imprese private. Marrero si è anche impegnato ad attuare proposte criticamente importanti che non erano state messe in pratica, come l'istituzione di procedure di fallimento, liquidazione e ristrutturazione per le aziende con perdite sostenute. L'introduzione del fallimento in Cina nel 1986 (poi elaborato nel 2007) fu un passo importante nell'evoluzione di quel paese verso una forma di capitalismo di Stato.

Non sorprende che i lavoratori cubani, nel nuovo ordine imprenditoriale, diventeranno i suoi capri espiatori, come li ha definiti il veterano economista cubano Pedro Monreal. Nel suo discorso di presentazione delle riforme, Marrero ha chiarito che i livelli salariali negoziati dai lavoratori e dai loro sindacati devono dipendere dalla capacità economica e finanziaria delle singole imprese, rendendo molto probabilmente irrilevanti i livelli salariali a livello di settore o nazionale. Tenendo presente che questi sindacati non sono liberi ma totalmente dipendenti dal Partito Comunista e che a Cuba non esiste il diritto di sciopero, le riforme pianificate non fanno ben sperare per i lavoratori cubani.

I cambiamenti proposti da Cuba riflettono l'influenza dei cambiamenti economici introdotti dalla Cina dopo il 1978 e dal Vietnam dopo il 1986. Sebbene lo Stato manterrà il controllo sui settori strategici dell'economia, il ruolo del capitale privato e del mercato sarà notevolmente accresciuto. La perestroika sovietica (ristrutturazione economica) fu accompagnata dalla glasnost (liberalizzazione politica), ma questo non è stato il caso né in Vietnam né in Cina. Né il governo cubano sta nemmeno prendendo in considerazione una simile traiettoria politica per il paese. Naturalmente, c'è la possibilità tutt'altro che remota che questi cambiamenti proposti possano presto degenerare in un diffuso auto-arrichimento manageriale e corruzione aperta per produrre un regime di tipo Putin sull'isola.

Questi cambiamenti proposti persuaderanno Trump, Rubio e compagnia ad alterare le loro attuali politiche verso Cuba? Sarà Cuba il Venezuela 2.0?

Oltre all'assenza di grandi ricchezze petrolifere a Cuba, l'isola ha altre importanti differenze con il Venezuela. In primo luogo, il regime cubano è più saldamente radicato nella società cubana di quanto non lo fossero i governi venezuelani di Maduro o persino di Chávez. Inoltre, non esiste un'opposizione cubana incentrata su un particolare leader venezuelano come María Corina Machado che sia stata in grado di raccogliere i venezuelani dietro la sua bandiera di opposizione (di destra). Ancora più importante, Trump e Rubio hanno motivo di preoccuparsi di un grave spargimento di sangue a Cuba che molto probabilmente provocherebbe un'ondata massiccia di rifugiati che raggiungerebbe la Florida meridionale. La grande maggioranza dei rifugiati venezuelani è finita in Colombia e Perù (4,4 milioni di persone) invece che negli Stati Uniti (circa 600.000 individui). Attualmente, l'amministrazione Trump è impegnata a deportare cubani, più di 4.000 dei quali sono stati inviati in Messico.

Infine, l'amministrazione Trump ha molte altre cose di cui preoccuparsi oltre a Cuba. Contrariamente alle affermazioni di Washington, la situazione in Iran non è stata completamente risolta, mentre le elezioni di metà mandato, in cui il Partito Repubblicano potrebbe perdere la Camera dei Rappresentanti e forse anche il Senato, si avvicinano. Inoltre, Trump deve preoccuparsi degli americani di origine cubana in gran parte conservatori che rappresentano circa il 5% dell'elettorato della Florida. Questi fattori possono agire come deterrenti per Trump dall'intraprendere un'altra avventura imperialista all'estero, almeno nei prossimi mesi.

Ma questo non significa affatto che sarà soddisfatto delle recenti concessioni economiche cubane. In effetti, il Dipartimento di Stato ha recentemente respinto le riforme proposte definendole "modeste" e "segnali di fumo alla fine superficiali", annunciando che "avrebbe continuato a fare pressione per riforme molto più sostanziali che renderebbero Cuba investibile". Pertanto, è difficile prevedere se Trump modificherà sostanzialmente, se non abolirà del tutto, il suo blocco statunitense duramente rafforzato, anche in risposta a possibili ulteriori riforme cubane.

Dal lato cubano, il governo potrebbe anche non attuare i cambiamenti proposti. In effetti, molti cubani dubitano che saranno realizzati, considerando la passata esperienza del loro governo di promettere molto più di quanto fosse disposto a mantenere. Tuttavia, questa volta è diverso poiché il governo statunitense sta minacciando molto seriamente la leadership cubana a meno che non cambino le loro politiche. Naturalmente, potrebbe esserci passività burocratica o addirittura resistenza, che potrebbe essere motivata da ambizioni burocratiche e da timori riguardo alla sicurezza del proprio impiego. Sul lato della domanda, gli investitori stranieri o cubani all'estero potrebbero non essere interessati a investire a Cuba a causa della mancanza di fiducia nei sistemi politico-legale e politico cubani come garanti dei diritti di proprietà. Inoltre, il cattivo stato delle infrastrutture cubane—indispensabili per un trasporto efficiente e per la fornitura efficace di elettricità, servizi igienico-sanitari, acqua e altri servizi pubblici—potrebbe fungere da disincentivo per nuovi investimenti dall'estero.

Il popolo cubano non ha avuto voce in capitolo né nella conservazione del vecchio ordine burocratico antidemocratico né nella progettazione dei nuovi assetti capitalistici di Stato. Le proteste nazionali in gran parte pacifiche dell'11 luglio 2021 e le proteste più locali che seguirono portarono alla reclusione di oltre mille cubani, alcuni con lunghe pene detentive, ma non hanno portato a una democratizzazione del paese. È tempo che un'Assemblea Costituente eletta democraticamente decida da sé la natura di un sistema post-comunista, e se questo consisterà in un capitalismo dall'alto o in una democrazia politica ed economica dal basso.

Dovrebbe un tale nuovo ordine economico comportare un prezzo insopportabile in termini di crescente controllo statunitense e crescente disuguaglianza? Dovrebbe anche indebolire l'assistenza sanitaria e l'istruzione pubbliche privatizzandole per i benestanti? Nonostante il loro sostanziale declino, la maggior parte dei cubani custodisce ancora questi servizi. Il popolo cubano, e non il mercato, dovrebbe decidere democraticamente questioni così enormemente importanti.



ENGLISH

sabato 1 agosto 2026

ANTIGIUDAISMO, ANTISEMITISMO. LA CHIESA NEL TERZO REICH (Parte II)

di Peter Gorenflos


ITALIANO - ENGLISH - DEUTSCH


Il caso di Erich Klausener, il cattolicesimo politico e la leggenda della resistenza della Chiesa a Hitler


La Giornata Cattolica allo Stadio Grunewald del 25 giugno 1933

Alla Giornata Cattolica di Berlino del 25 giugno 1933 allo Stadio Grunewald – Hitler aveva declinato l'invito con rammarico – il nunzio pontificio Orsenigo fu scortato dalle SA con bandiere con la svastica fino all'altare, dove impartì la benedizione apostolica ai convenuti. Anche Erich Klausener tiene qui un discorso, quasi integralmente riportato in Germania del 26 giugno 1933.

Ringrazia il vescovo di Berlino Schreiber, assente per malattia, per la sua partecipazione alla Conferenza episcopale di Fulda, il cui esito – il noto messaggio pastorale – è stato di importanza così decisiva per il popolo cattolico per la sua chiarezza e determinazione, e si destreggia:

"...siamo parte del nostro popolo, il sangue è del nostro sangue, la vita della nostra vita. Per questo anche la possente lotta per la rinascita e il cambiamento della nazione, per la ricostruzione della patria, si pone davanti a noi cattolici con gli stessi compiti di tutti i connazionali. Un evento imponente si è compiuto davanti ai nostri occhi negli ultimi mesi. Non tengo qui un discorso politico, ma va sottolineato con sincera gratitudine che finalmente sentiamo pronunciare il nome di Dio nelle dichiarazioni di governo, e che il Führer del popolo, il Cancelliere Hitler, ha dichiarato nel suo discorso al Reichstag del 21 marzo che il cristianesimo è il fondamento incrollabile della vita morale del nostro popolo. Deve apparirci come una liberazione, noi che abbiamo lottato contro lo spirito demoniaco dell'empietà e dell'immoralità, che il governo del Reich e il ministro degli Interni prussiano abbiano posto fine a tutti coloro che trascinavano nel fango Dio, la Chiesa, la nostra fede e i nostri sacerdoti, a parole e per immagini, che diffondevano la peste della tentazione morale attraverso spazzatura e sporcizia di ogni genere, che non solo colpiva le anime ma aveva già intaccato il popolo nel suo stesso sviluppo etnico-eugenetico. Ma dobbiamo renderci tutti conto che con i soli mezzi esterni non si può realizzare la rinascita morale del nostro popolo. Se la rivoluzione della riscossa nazionale non è accompagnata da una rivoluzione del rinnovamento spirituale interiore, allora tutta la forza, tutto il lavoro e tutta la fatica sono vani. Esistono truppe ausiliarie più forti nella lotta contro il materialismo e il liberalismo di un popolo cattolico che si riunisce a decine di migliaia per un'idea soprannaturale?... Deve quindi riempire di profondo dolore ogni cattolico di sentimenti patriottici il fatto che in questi giorni le associazioni operaie cattoliche e protestanti siano state dichiarate semplicemente nemiche dello Stato... Non è presunzione affermare che le associazioni confessionali e in particolare le associazioni operaie cattoliche hanno salvato centinaia di migliaia di lavoratori tedeschi dal cadere nelle eresie del socialismo e del comunismo... La prego, Signor Ministro (Ministro dei Trasporti Eltz von Rübenach – ndr), di trasmettere i nostri più rispettosi saluti al Signor Cancelliere... ... niente sarebbe peggio – concordo pienamente con il leader nazionalsocialista, che disse testualmente – se in Germania ora si cadesse nell'opposto del liberalismo, cioè nell'integrazione indifferente e sconsiderata in un sistema statale perfetto..."

Applausi scroscianti da 45.000 fedeli!

Parla così un oppositore di Hitler? Era forse un discorso coraggioso contro l'esclusione di persone di altre razze e visioni del mondo, come si dice oggi? Saulo Klausener era diventato un Paolo un anno dopo? Persino questa piagnucolosa genuflessione davanti ai nazisti non fu loro sufficiente, e sul Völkischer Beobachter del 27 giugno 1933 si lamentavano che "l'oratore ha ritenuto di dover criticare in questo contesto le note misure per l'integrazione delle associazioni cattoliche nelle nuove grandi organizzazioni". Quindi la Gleichschaltung [sincronizzazione], che l'episcopato aveva già attuato volontariamente. Erich Klausener non era abbastanza reazionario per i nazisti!

Due settimane dopo, il Centro si sciolse volontariamente, il suo presidente, il prelato Kaas, lo volle così. All'inizio di aprile si era ritirato nello Stato Vaticano inaspettatamente e senza consultare il suo partito, per diventare segretario del Collegio Cardinalizio e canonico della Basilica di San Pietro, e per elaborare insieme a von Papen e al suo amico personale, il Cardinale Segretario di Stato Pacelli, il Reichskonkordat, che fu firmato il 20 luglio 1933. Questo Concordato giustifica retroattivamente la capitolazione del Centro, dichiara all'articolo 31 che le organizzazioni e associazioni cattoliche possono svolgere la loro attività solo al di fuori dei partiti politici, e pone così ufficialmente fine alla storia ultracentenaria del cattolicesimo politico in Germania. In cambio, la Chiesa cattolica riceve una serie di privilegi, come l'insegnamento religioso statale, l'autonomia nell'ambito pastorale, l'esenzione dei sacerdoti dal futuro servizio militare obbligatorio (!!!) e molti altri. Alle elezioni del Reichstag del 12 novembre 1933, in cui si presentava però solo una lista unitaria nazionalsocialista, tutti i cattolici furono chiamati a votare per Adolf Hitler con riferimento a questo Concordato.


La Giornata Cattolica a Hoppegarten del 24 giugno 1934

La Giornata Cattolica del Brandeburgo si tenne il 24 giugno 1934 a Hoppegarten. Tra i relatori vi furono il nunzio pontificio Orsenigo, il nuovo vescovo di Berlino Bares e di nuovo Erich Klausener. Alla fine del discorso del vescovo Bares – riportato nella Deutsche Allgemeine Zeitung del 25 giugno 1934 – risuonò l'intercessione: "Cristo, tu Duca dei nostri antenati, dona al Führer del nostro popolo grazia e illuminazione, aiuta il nostro popolo affinché tutti diventino una vera comunità nazionale." Il professore universitario cattolico Dovifat – in seguito collaboratore del Ministero della Propaganda del Reich – espresse la speranza che il vescovo creasse un equilibrio tra la volontà politica del nuovo Stato e le forze della fede dei cattolici. Il relatore concluse con il grido di battaglia cristiano: "Tutto per la Germania, ma la Germania per Cristo" (invece di "per il Führer", come avrebbero voluto i nazisti).

Il discorso di Klausener non è stato tramandato, ma nella Germania del 26 giugno 1934 se ne riportano ampie citazioni. Klausener ringrazia il nunzio e il vescovo, ancora una volta si destreggia. Furono ore di testimonianza. Nel mondo quotidiano della vita, testimoniare la grande idea (cattolica) è spesso più difficile che tra persone che la pensano allo stesso modo. Ma anche l'avversario ha più rispetto per chi sta coraggiosamente dalla propria parte che per il codardo che la rinnega. Il cattolico rimane fedele al Papa e al vescovo (invece che al Führer!) e il cattolico berlinese rinnova in quest'ora il voto di fedeltà al pastore supremo (invece che a Hitler!). Lo stesso giorno, il vescovo Bares ed Erich Klausener inviarono telegrammi di omaggio al Papa, a Hindenburg e a Hitler. Erano ben consapevoli della provocazione.

Sei giorni dopo Klausener fu fucilato. L'opinione pubblica non fu affatto informata della reale portata degli omicidi, e nemmeno i giornalisti seppero molto di più. Anche gli annunci di morte caddero vittima della censura. L'annuncio di morte dei famigliari per Erich Klausener sulla Germania ("Ci è stato improvvisamente strappato il 30 giugno 1934, dopo una vita d'amore e di sacrificio per la famiglia, la Chiesa e la Patria") fu motivo del divieto di pubblicazione. Poiché la Neue Zürcher Zeitung riferì dettagliatamente sulla vera situazione, fu addirittura vietata per 14 giorni. [^1]

Cosa era successo? Sotto la denominazione di Putsch di Röhm, i nazisti attuarono un'ondata di epurazioni su larga scala. Presumibilmente, il compagno di lunga data di Hitler, Röhm, e il suo predecessore, il generale von Schleicher, asvrebbero cospirato con l'estero contro Hitler per realizzare una "seconda rivoluzione". In relazione a questa affermazione inventata, furono uccise circa cento persone, tra cui numerosi capi delle SA, ma anche civili sgraditi.

Il 3 luglio, la Deutsche Allgemeine Zeitung e Der Angriff riportano all'unisono che rappresentanti del governo del Reich e del Nsdap [il partito nazista] si sono incontrati con rappresentanti dell'episcopato tedesco per discutere le disposizioni dell'articolo 31 del Concordato. I rappresentanti dell'episcopato tedesco (i vescovi Gröber, Berning e Bares) furono ricevuti da Hitler in udienza personale. Anche questo colloquio fu caratterizzato da un sincero sforzo per una collaborazione armoniosa tra Stato e Chiesa.

Tutto ciò avvenne solo tre giorni, rispettivamente un giorno prima dell'omicidio di Klausener. E dopo: nessuna parola di protesta! Ma perché non fu ucciso il vescovo Bares? Beh, ci si sarebbe inimicati la Curia e l'Episcopato, di cui si aveva bisogno per tenere a freno le masse; l'Episcopato svolse questa funzione in modo eccellente e opportunistico e abbandonò definitivamente il cattolicesimo politico con il suo rappresentante più importante, Klausener. Questi fu un sacrificio umano nel poker del potere e dell'influenza nella Germania di Hitler.


Il cosiddetto Putsch di Röhm

RED UTOPIA ROJA – Principles / Principios / Princìpi / Principes / Princípios

a) The end does not justify the means, but the means which we use must reflect the essence of the end.

b) Support for the struggle of all peoples against imperialism and/or for their self determination, independently of their political leaderships.

c) For the autonomy and total independence from the political projects of capitalism.

d) The unity of the workers of the world - intellectual and physical workers, without ideological discrimination of any kind (apart from the basics of anti-capitalism, anti-imperialism and of socialism).

e) Fight against political bureaucracies, for direct and councils democracy.

f) Save all life on the Planet, save humanity.

g) For a Red Utopist, cultural work and artistic creation in particular, represent the noblest revolutionary attempt to fight against fear and death. Each creation is an act of love for life, and at the same time a proposal for humanization.

* * *

a) El fin no justifica los medios, y en los medios que empleamos debe estar reflejada la esencia del fin.

b) Apoyo a las luchas de todos los pueblos contra el imperialismo y/o por su autodeterminación, independientemente de sus direcciones políticas.

c) Por la autonomía y la independencia total respecto a los proyectos políticos del capitalismo.

d) Unidad del mundo del trabajo intelectual y físico, sin discriminaciones ideológicas de ningún tipo, fuera de la identidad “anticapitalista, antiimperialista y por el socialismo”.

e) Lucha contra las burocracias políticas, por la democracia directa y consejista.

f) Salvar la vida sobre la Tierra, salvar a la humanidad.

g) Para un Utopista Rojo el trabajo cultural y la creación artística en particular son el más noble intento revolucionario de lucha contra los miedos y la muerte. Toda creación es un acto de amor a la vida, por lo mismo es una propuesta de humanización.

* * *

a) Il fine non giustifica i mezzi, ma nei mezzi che impieghiamo dev’essere riflessa l’essenza del fine.

b) Sostegno alle lotte di tutti i popoli contro l’imperialismo e/o per la loro autodeterminazione, indipendentemente dalle loro direzioni politiche.

c) Per l’autonomia e l’indipendenza totale dai progetti politici del capitalismo.

d) Unità del mondo del lavoro mentale e materiale, senza discriminazioni ideologiche di alcun tipo (a parte le «basi anticapitaliste, antimperialiste e per il socialismo».

e) Lotta contro le burocrazie politiche, per la democrazia diretta e consigliare.

f) Salvare la vita sulla Terra, salvare l’umanità.

g) Per un Utopista Rosso il lavoro culturale e la creazione artistica in particolare rappresentano il più nobile tentativo rivoluzionario per lottare contro le paure e la morte. Ogni creazione è un atto d’amore per la vita, e allo stesso tempo una proposta di umanizzazione.

* * *

a) La fin ne justifie pas les moyens, et dans les moyens que nous utilisons doit apparaître l'essence de la fin projetée.

b) Appui aux luttes de tous les peuples menées contre l'impérialisme et/ou pour leur autodétermination, indépendamment de leurs directions politiques.

c) Pour l'autonomie et la totale indépendance par rapport aux projets politiques du capitalisme.

d) Unité du monde du travail intellectuel et manuel, sans discriminations idéologiques d'aucun type, en dehors de l'identité "anticapitaliste, anti-impérialiste et pour le socialisme".

e) Lutte contre les bureaucraties politiques, et pour la démocratie directe et conseilliste.

f) Sauver la vie sur Terre, sauver l'Humanité.

g) Pour un Utopiste Rouge, le travail culturel, et plus particulièrement la création artistique, représentent la plus noble tentative révolutionnaire pour lutter contre la peur et contre la mort. Toute création est un acte d'amour pour la vie, et en même temps une proposition d'humanisation.

* * *

a) O fim não justifica os médios, e os médios utilizados devem reflectir a essência do fim.

b) Apoio às lutas de todos os povos contra o imperialismo e/ou pela auto-determinação, independentemente das direcções políticas deles.

c) Pela autonomia e a independência respeito total para com os projectos políticos do capitalismo.

d) Unidade do mundo do trabalho intelectual e físico, sem discriminações ideológicas de nenhum tipo, fora da identidade “anti-capitalista, anti-imperialista e pelo socialismo”.

e) Luta contra as burocracias políticas, pela democracia directa e dos conselhos.

f) Salvar a vida na Terra, salvar a humanidade.

g) Para um Utopista Vermelho o trabalho cultural e a criação artística em particular representam os mais nobres tentativos revolucionários por lutar contra os medos e a morte. Cada criação é um ato de amor para com a vida e, no mesmo tempo, uma proposta de humanização.