L’associazione Utopia rossa considera suo fondamento politico il principio secondo cui il fine non giustifica i mezzi, ma nei mezzi si deve riflettere l’essenza del fine. Non ha programmi politici, come del resto non ne aveva la Prima internazionale. Nonostante le più diverse provenienze ideologiche dei suoi sostenitori, essa ritiene che l’anticapitalismo dilagato dopo l’inizio dell’Antirivoluzione russa (dicembre 1917) sia stato motivato fondamentalmente da idee precapitalistiche, cioè retrograde, e non da progetti di civiltà in grado di superare il capitalismo sviluppando ulteriormente i suoi modelli di democrazia. Ciò spiega anche il prevalere, nella storia della cosiddetta «sinistra», di simpatie per i regimi dittatoriali di ogni specie e colore. Utopia rossa si batte contro l’ulteriore diffusione di ideologie precapitalistiche vecchie e nuove (in campo politico, culturale, ecologico, religioso ecc.), come parte della sua battaglia per il superamento del capitalismo, se si vuole salvare la vita sulla Terra con la sua umanità. In questo senso la sua utopia continua ad essere rossa.

The Red Utopia association considers its political foundation to be the principle that the end does not justify the means, but that the means must reflect the essence of the end. It has no political program, just as the First International did not. Despite the diverse ideological backgrounds of its supporters, it believes that the anti-capitalism that spread after the start of the Russian Anti-Revolution (December 1917) was fundamentally motivated by pre-capitalist – that is, retrograde – ideas, and not by civilizational projects capable of overcoming capitalism and of further developing its democratic models. This also explains the prevalence, throughout the history of the so-called «left», of sympathies for dictatorial regimes of all kinds and colors. Red Utopia fights against the further spread of old and new pre-capitalist ideologies (in the political, cultural, ecological, religious, and other fields) as part of its battle to overcome capitalism, if life on Earth, including its humanity, is to be saved. In this sense, its utopia remains red.

PER SAPERNE DI PIÙ CI SONO UNA COLLANA DI LIBRI E UN BLOG IN VARIE LINGUE…

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domenica 16 giugno 2024

QUELQUES BRASSERIES AUTOGÉRÉES DANS L'ESPAGNE RÉVOLUTIONNAIRE DE 1936-1939

de Michel Antony


La guerre et la révolution espagnole (1936-1939) offrent la plus profonde expérience de démocratie directe libertaire de toute l'histoire sociale. Partout en Espagne restée républicaine (surtout la Catalogne et l’Aragon mais aussi le centre, la zone valencienne et murcienne, une partie de l’Andalousie et de la côte atlantique) fleurissent des milliers de collectivités et de centres plus ou moins acrates. La plupart des services, ateliers et entreprises sont réquisitionnés ou récupérés (incautación), et placés sous contrôle ouvrier et/ou syndical (sindicalización) ou purement et simplement autogérés (colectivización ce qu’on appellerait aujourd’hui autogestión) par leurs salariés. C’est particulièrement le cas en Catalogne où l’immense majorité des entités économiques, sociales et culturelles est en 1936 aux mains de leurs employés, sous le sigle des deux grandes centrales syndicales : d’abord la CNT – Confédération Nationale du Travail, syndicaliste-révolutionnaire à dominante anarchiste fondée en 1910 et qui est très largement majoritaire, et la socialisante UGT – Union Générale des Travailleurs, fondée en 1888.  

Le domaine brassicole n’est pas en reste, particulièrement les brasseries de Barcelona. Dans la capitale catalane c’est le cas d’une malterie, la Maltería La Moravia, et de 2 grandes brasseries CERVEZAS MORITZ et FÁBRICA DAMM : ces trois firmes fondent la Industria Maltera y Cervecera Sozializada. Elles sont particulièrement photographiées par Carlos PÉREZ DE ROSAS MASDEU (1893-1954) et/ou ses fils en 1937. Cet important reporter et photographe, d’origine droitière et bien malmené au début de la révolution, va pourtant avec ses deux fils, former un des groupes de photographes parmi les meilleurs de la révolution, auprès surtout de la CNT-FAI et de son service de la propagande, mais également au service du groupe anarcho-féministe Mujeres Libres. La plupart de ces photos socialement engagées n’ont été redécouvertes qu’en 2015. Dans la revue ¡¡Campo !! Organo del Comité Regional de Relaciones de Campesinos CNT-AIT (le numéro 1 sort à Barcelone le 6 février 1937), elles portent sur l’agriculture et le monde des paysans (campesinos).  Dans la revue Tierra y Libertad, organe principal de la FAI, les photos illustrent de nombreuses industries collectivisées (textile, transports, industrie alimentaire dont la brasserie) et s’intéressent précisément à ce regroupement économique d’un secteur clé.  Pour le mouvement libertaire, toute cette information illustre la rationalisation de l’économie libertaire et défend un fonctionnement unitaire qui s’oppose ainsi à la concurrence antérieure de l’économie de marché. 

Le numéro 37 de Tierra y Libertad du 09/10/1937 consacre sa page 6 au Sindicato de las industrias alimenticias CNT – Syndicat des industries de l’alimentation CNT. « Le secrétaire, le compagnon LÓPEZ, nous parle de l’œuvre réalisée et des plans pour le futur ». Le syndicat réorganisé après la révolution de juillet 1936 compte 11 sections effectives dont celle notée « Alcoholera y Cervecera » (secteur de la production d’alcools et de la brasserie). Il y a dans ce seul syndicat 45 000 syndiqués cénétistes. LÓPEZ est peut-être Andrès LÓPEZ AYESA (1906-1980), militant dans l’abattoir de Barcelone, membre du comité du Syndicat de l’alimentation, et exilé en France après 1939. Il évoque surtout l’industrie laitière, la plus collectivisée et la plus avancée, mais il met en avant pour la brasserie la belle réalisation du « salaire familial », donc salaire unique et ne faisant pas de différence homme-femme. Il rappelle les combats prioritaires pour la dignité ouvrière, l’éducation et la formation (bibliothèques, débats) et des conditions de travail plus ergonomiques et plus hygiéniques. Le bas de la page est un article sur La mujer en los sindicatos - La femme dans les syndicats de l’alimentation, mais les exemples sont tirés surtout de l’industrie laitière et des raffineries. Le mot d’ordre les concerne toutes cependant car « pour fournir la glorieuse armée du peuple, les femmes de toute l’Espagne travaillent activement. Ces volontaires de l’arrière-garde contribuent à la victoire avec leurs efforts journaliers sans mégotter sur les horaires ni attendre plus de récompenses que l’écrasement total et définitif du fascisme. À ces héroïnes de la nouvelle Espagne, filles de la révolution, les travailleurs du monde entier doivent exprimer leur gratitude ».

lunedì 15 maggio 2023

L’AUTOGESTION DES LUTTES

par Michel Antony

 

LA RENCONTRE LURONNE DES 12-14 MAI 2023

Comme nous avons réussi à gagner une large majorité de la population contre la réforme des retraites, gagnons la bataille de reconquête des services publics et de la sécurité sociale.


Bonjour

Vous recevez le riche bulletin hebdomadaire de la Coordination nationale. Hormis la bataille traditionnelle des chiffres, ce qu'il faut retenir ce sont les 260 organisation signataires - nous allons continuer de mettre à jour le site https://www.nesp2023.com/ car d'autres noms ont tenu à apparaître. 

Une très lourde préparation, un énorme travail d'organisation et de nettoyage et rangements que nous venons juste de terminer ce lundi à 13h, un noyau très actif du Comité de Vigilance 70 appuyé par des forces vives incroyables comme les ami.e.s de Besançon, de Belfort, de Montreuil hors de notre département... Nous sommes épuisés, la tête encore dans les débats et les étoiles utopistes et pragmatiques de nos déclarations et résolutions, les moments conviviaux, les superbes artistes qui nous ont soutenus (Princesse Békille, Ceux d'la Mouff, Le bus d'Hélène, Jean Michel Apro et Contact Evens, Le Saucisson de malfaiteurs, La Douche Froide, le Centre de Ressources Photographie et ceux que j'oublie...). Nous avons eu l'appui sans faille des employés municipaux et intercommunaux que nous saurons remercier encore plus que nous ne l'avons fait.
La manifestation festive, dansante, chantante, avec une batucada d'enfer, des Rosies déterminées et hyper impliquées, une fanfare de Battant (Besançon) d'exceptionnelle qualité, 4 voitures syndicales fortement animatrices (dont la groupe musical de Solidaires) et des slogans de lutte et d'espoir innombrables nous redonnent du tonus, d'autant que des délégations de toute la France (malgré l'épuisement de la mobilisation sur les retraites, un temps incertain, une localité éloignée, une gare de l'Est fermée et une ligne Paris Bâle peu utilisable...) ont représenté des dizaines de localités, des Pyrénées au Nord français, de la Bretagne à Toulon : le bus de Sarlat qui faisait l'aller retour en une journée témoigne de cet énorme engagement.
Comme toujours les absents ont toujours tort, mais ici plus encore vue l'ampleur inégalée des forces représentées et notre volonté humaniste, sociale et environnementale pour changer nos vies et notre société.

Avec Lure, avec toutes les localités et territoires touchés, avec tous les usagers, tous les personnels, tous les élus concernés, notre engagement sans faille pour nos services publics est un tremplin et non un aboutissement, ce que les Rosies (photo) ont su si bien traduire devant la fresque luronne qui s'est érigée en honneur de nos principes et de nos mobilisations pour une société plus solidaire, plus égalitaire et respectant plus l'environnement et la proximité, mais une étape.

Mon seul regret c'est d'avoir oublié comme je comptais le faire, et comme les camarades qui vendaient les produits des ouvriers autogérés de Gémenos (Coopérative 1336) me l'avaient rappelé, c'est de n'avoir pas salué mon ami Charles Piaget qui suit encore toutes les mobilisations depuis Besançon, qui connaît l'ampleur de nos rencontres, et qui sait nos combats permanents pour nos biens communs : c'est le 50° anniversaire de LIP 1973 !!!

Amitiés à toutes et tous, de bons retours pour toutes celles et ceux qui se sont déplacées, souvent de fort loin et qui rêvent de faire ailleurs la même chose qu'ici, car nous devons essaimer partout et pour toutes et tous. Cela rejoint le voeu d'un autre comtois célèbre (Charles Fourier) qui espérait qu'une bonne réalisation locale (phalanstère) en devenant sinon modèle mais source d'inspiration, se multiplierait rapidement pour remplacer l'ancien monde, ou en tout cas le laisser de côté.

Michel Antony au nom de tout les équipes d'organisation qui depuis 1 an sont mobilisées

 

Pour toute correspondance, merci d'utiliser l'adresse suivante : cda12550@coordination-defense-sante.org

 


Nella diffusione e/o ripubblicazione di questo articolo si prega di citare la fonte: www.utopiarossa.blogspot.com

venerdì 22 giugno 2018

« LA PRATICA DELL’AUTOGESTIONE », GUIDO CANDELA & ANTONIO SENTA, par Michel Antony

Elèuthera, 2017
Cet ouvrage de deux chercheurs italiens, l’économiste Guido CANDELA (né en 1943) et le sociologue et historien Antonio SENTA (né en 1980), est publié dans la prestigieuse maison libertaire milanaise Elèuthera (terme qui vient du grec et qui signifie « libre »). Milan est un foyer très actif de l’anarchisme et du néo-anarchisme contemporain depuis les années 1960 : s’y sont développées des expériences de « radios libres », de revues (Interrogations, Libertaria, A-Rivista Anarchica depuis 1971…), de maisons d’édition (Antistato et Elèuthera, coopérative depuis 1986…), des groupes militants politiques et culturels comme celui du Ponte della Ghisolfa ou ceux de la FAI et du vieil organe Umanità Nova, des centres comme le CSL Pinelli (du nom de Giuseppe Pinelli, mort lors d’un dur interrogatoire de police) et son très précieux Bollettino, des squats et autres centres sociaux et culturels… Dès le début, ces groupes, centres ou associations se posent le problème de la communication, propagandiste certes, mais ouverte et plurielle, sans dogmatisme anarchiste, d’où une vraie et imposante floraison. Des centaines de titres d’ouvrages et des milliers de revues permettent une belle diffusion des pensées antiautoritaires et acrates, mais pas forcément uniquement anarchistes ou anarchisantes, loin de là. Un des principaux animateurs de la mouvance milanaise, Amedeo BERTOLO (1941-2016), vient de disparaître. Une publication récente d’une partie de ses textes sort aux éditions ACL de Lyon.

L’ouvrage est intéressant sur plusieurs plans car il quitte souvent les sentiers battus par les autres livres portant sur l’autogestion :

1- C’est d’abord l’occasion de faire le point sur les anarchistes et l’autogestion et rendre un bel hommage aux mouvements anarchistes dans la proposition, la diffusion et les expérimentations diversifiées de ce concept ; s’ils n’en sont pas les seuls inventeurs, ils en sont assurément parmi les plus anciens et surtout parmi les plus fidèles promoteurs. Le livre rappelle ce qu’est l’autogestion (ou l’autogouvernement, l’autoadministration…) pour les anarchismes, une sorte de synonyme d’anarchie ou une pratique approchant l’anarchisme et permettant de l’expérimenter. Pour les anarchistes, l’autogestion ne peut-être que globale ou généralisée, hors et contre l’État (au sens de structure autoritaire et dominatrice), et toucher tous les aspects de la vie : culturels, économiques, politiques, administratifs… En ce sens général de l’autogestion, l’anarchisme (et peut-être aussi dans une moindre mesure, le conseillisme) est la mouvance la plus en symbiose avec ce qui est tout à la fois un moyen de lutte, une forme communautaire expérimentale, une pratique sociale autonome et un projet utopique acrate.

2- Cette vision intégrale n’empêche pas de se poser la question centrale du type d’économie – forcément collective (la rationalité du nous l’emportant sur la rationalité du moi, formule qui revient souvent dans l’ouvrage) et sociale – à mettre en jeu. Là, le livre innove en présentant les similitudes ou les convergences avec des modèles proches de la société anarchiste ou autogestionnaire rêvée qu’on peut résumer ainsi : libre fédération de communes ou d’entités libres, et toutes autogérées, reposant sur l’adhésion volontaire de leurs membres. Sont ainsi envisagées l’Économie des biens communs (et celle des Communs), l’Économie des biens et services publics, l’Économie civile, l’Économie du partage (supérieure à l’Économie du don dans le sens maussien – Marcel MAUSS 1872-1950 – parce qu’elle insiste sur la réciprocité obligée), l’Économie de la décroissance, l’Économie du socialisme revisité… et à chaque fois, et c’est nouveau pour un livre libertaire, avec le souci de se poser la question de « l’efficience » des choix opérés, donc en utilisant un de ces concepts qui sont massivement choisis par les technocraties et autocraties pour justifier les sociétés inégalitaires et autoritaires qu’ils servent, et qui gonflent les novlangues si omniprésentes de nos jours.

3- Si le collectif l’emporte, si l’altruisme est supérieur à l’égoïsme, si l’empathie empêche l’isolement, nous ne sommes pas cependant devant un rejet pur et simple du stirnérisme, puisque Max STIRNER lui-même reconnaissait – ce qui est méconnu par les contempteurs de l’individualisme anarchiste – dans L’Unique et sa propriété (1844) que les égoïstes pouvaient se réunir ponctuellement en association de pairs pour s’autogouverner.
Cet altruisme indispensable pour les auteurs du livre revivifie les vieilles pensées mutualistes. Pourtant l’anglais William GODWIN (premier grand théoricien de l’anarchisme, compagnon de la féministe Mary WOLLSTONECRAFT et père de Mary SHELLEY), le français Pierre-Joseph PROUDHON et les étasuniens Josiah WARREN et William Batchelder GREENE ne sont pourtant que peu ou pas cités. L’autre source ancienne se rattache à l’idée communautaire de l’appui mutuel, à l’entraide ou solidarité, toutes formulations chères au russe Pierre KROPOTKINE et à l’allemand Gustav LANDAUER, dont l’héritage a largement été assumé par Martin BUBER. Le syndicalisme révolutionnaire ou d’action directe et sa partie anarcho-syndicaliste me semblent cependant très peu développée par rapport à leur importance historique et à leurs diverses formulations autogestionnaires, même si le plus intéressant et le plus étendu mouvement autogestionnaire par en bas – l’Espagne de 1936 – et le poids novateur de la CNT d’alors (le communisme libertaire adopté à son Congrès de Saragosse de mai 1936 est sans doute une des formulations les plus complètes de l’autogestion) sont un peu évoqués.
Cet essai redonne sens aux concepts incontournables pour la mise en application de l’utopie anarchiste que sont la proximité et un localisme qui n’est pas un cloisonnement, la réciprocité et le partage. L’homo reciprocans (belle formule) souhaité l’emporte sur l’homo oeconomicus actuel et gangrené par l’individualisme de nos économies marchandes.

4- La validité de l’autogestion se fonde donc sur une victoire a posteriori de KROPOTKINE (entraide et coopération) sur le néodarwinisme social (lutte pour la vie et triomphe des meilleurs ou des plus aptes). La démonstration en est faite par l’analyse d’essais historiques (coopératives, communes, milieux libres, aires autogouvernées du Chiapas maya et du Rojava kurde) et surtout, chose rare également, par le recours aux théories et essais de l’Économie expérimentale et des jeux de rôle ou de fonction qu’elle utilise sur des échantillons assez représentatifs. La démonstration est ici patente : si l’égoïsme, l’autoritarisme, la hiérarchie et le conflit sont bien présents dans l’humain et les sociétés actuelles… la solidarité, la coopération et la bienveillance le sont tout autant. De plus ces positions sont rarement figées ou absolues, et souvent adaptées au contexte, et donc conditionnelles.
Bref rien n’est figé ni acquis une fois pour toute, mais la pertinence évidente des pratiques de l’autogestion et/ou de l’anarchie (dans ce livre observées froidement, scientifiquement) devrait inciter à tenter plus d’expérimentations, dans le respect du pluralisme et de la dignité de ses composantes, avec modestie, c’est-à-dire en acceptant les évolutions et les remises en cause par les principaux intéressés.
L’analyse scientifique renforce ici ce que la très riche école anarchiste italienne exprimait dès la première moitié du XXº siècle avec Errico MALATESTA, Luigi FABBRI et le philosophe Camillo BERNERI : le droit à l’expérimentation libre et variée, sans dogmatisme, avec une tolérance qu’on a bien oubliée depuis dans la vie théorique et militante. Il s’agit donc, dans la cohérence entre moyens et fins, de proposer une société alternative libertaire et autogérée avec des méthodes et des pratiques qui le sont également.

lunedì 7 maggio 2018

LES LIBERTAIRES SONT ILS LES RARES FOURIÉRISTES CONSÉQUENTS DANS LE DOMAINE DE LA SENSUALITÉ ET DE L’AMOUR LIBRE ?, par Michel Antony

Portrait de Charles Fourier (1772-1837) © Auteur inconnu
0. QUELQUES PRÉDÉCESSEURS liant libération sexuelle et libération individuelle et/ou sociale sont revendiqués par des libertaires (peut-être par des fouriéristes ?)

• Taoïsme -Vº
• ARISTOPHANE -Vº-IVº L’Assemblée des femmes
• ÉPICURE -IVº-IIIº
KamaSutra VIº-VIIº
• RABELAIS Thélème XVIº Fais ce que vouldras.
• Premier âge de la culture islamique : Omar KAYYAM (1048-1131) éloge du vin et de l’amour
• Quelques libertins et utopistes surtout au XVIIIº : DIDEROT Le Supplément, MORELLY Basiliade, LACLOS Des femmes et leur éducation, CASANOVA Icosaméron et les Mégamicres androgynes, Mikhaïl XERASKOV Polydore
• SADE et l’ambivalence ?
• Olympe de GOUGES (1748-1793) en faveur du divorce et de la liberté sexuelle, etc.
Énorme héritage et fortes influences. Qu’en connaissait FOURIER ?

I. FOURIER, un des rares penseurs sociaux à faire de la question sensuelle, passionnelle et sexuelle, un AXE PRIMORDIAL

CENTRALITÉ des passions et des désirs. « Le mobile de toute construction (de toute combinaison) fouriériste n’est pas la justice, l’égalité, la liberté… C’est le plaisir. Le fouriérisme est un eudémonisme radical » affirme Roland BARTHES1.
Valorisation de ceux-ci, reconnaissance de leur côté NATUREL, et curieuse justification religieuse (puisque Dieu les a créés…)
LIBERTÉ : Reconnaissance de la validité du PLURALISME des partenaires, des pratiques et manies, et surtout pas de survalorisation négative de la chair puisque l’amour platonique est lui aussi valorisé. FOURIER ouvre les portes « à tout rapport et tout type de rapport, hétérophile, homophile, hétéro et homophile à la fois, orgiaque, maniaque… » note l’italien Arrigo COLOMBO2. FOURIER peintre de la DIVERSITÉ et de L’ÉPHÉMÈRE ?
ÉGALITARISME surtout homme-femme, mais également prise en compte de la spécificité de la jeunesse, de la vieillesse, du handicap…
PRÉ-FREUDISME : engorgement - refoulement… sont évités si on libère et si on assume les passions.

II. Mais avec lui-aussi des LIMITES, par tactique plus que par stratégie ?

Les restrictions à cette liberté amoureuse, ont sans doute pour raison principale la PRUDENCE d’un auteur qui ne veut pas être condamné, ni censuré, ni mal-compris, et qui préfère s’autocensurer en faisant quelques CONCESSIONS pour faire passer l’essentiel.
• La première grande limitation est que cette liberté ne sera acquise que PROGRESSIVEMENT ; elle est donc DIFFÉRÉE. La liberté féminine ne sera totale qu’en 7º période. FOURIER préconise que « le libre exercice de cette passion (l’amour) sera renvoyé à un demi-siècle »3, voire à une « soixantaine d’années »4. Il reconnaît pourtant que cette interdiction de « l’amour libre et de la paternité libre » produira « d’énormes lacunes dans le mécanisme d’harmonie » du fait de « l’engorgement » occasionné5.
• La seconde est que les ENFANTS de moins de 15 ans ne sont pas concernés, et doivent avant tout être protégés.
• Il en est de même pour les FEMMES puisqu’en 1808 il écrit que la liberté sexuelle féminine complète ne s’exercerait seulement qu’à partir de 18 ans6. De 15 à 20 ans les jeunes évolueront entre vestels et vestales (conservant leur virginité et limitant leur sexualité) et damoiseaux et damoiselles qui pourront exercer leur sexualité, mais sans pression ni dérive. La sexualité devant au moins jusqu’à 20 ans s’exercer de manière progressive et plutôt dans le registre de la fidélité7.
• Une quatrième limitation est plus insidieuse, autoritaire et hiérarchique, et donc paradoxale pour un auteur qui passe pour féministe : la totale liberté ne s’opérera qu’après « un vote à l’unanimité par les pères et les maris »8.

III. Hormis les libertaires, rares sont les courants du socialisme ou du radicalisme proches du sensualisme fouriériste au XIXº et début XXº

Quelques révolutionnaires français, britanniques et allemands appartiennent à une sorte de PREMIER ANARCHISME au début du XIXº : les pré-anarchistes britanniques sont les plus intéressants William GODWIN, Mary WOLLSTONECRAFT, Mary GODWIN-SHELLEY, Percy B. SHELLEY voire George G. BYRON… Communautarisme libre et égalitaire.
Quelques saint-simoniens dont le Père ENFANTIN et son concept d’« amour mobile » et surtout Charles DUVEYRIER évoqué par Thomas BOUCHET.
Entre saint-simonisme et d’autres courants, LES FEMMES TIENNENT UNE BELLE PLACE : Claire DEMAR (1799-1833), en s’opposant à la propriété et à la domination, tant sociale que physique, peut apparaître comme une proto-libertaire. Elle fait l’apologie de la chair et de la polyandrie9. Toutes vivent librement comme Flora TRISTÁN (1803-1844), Jeanne DEROIN (1805-1894) et son mariage civil, Suzanne VOILQUIN (1801-1876) et La Femme libre, Aurore DUPIN dite George SAND (1804-1876) et ses nombreux amants…
Entre CABET et PROUDHON, une des premières grandes féministes françaises est Jenny D’HÉRICOURT (1809-1875) qui dénonce PROUDHON dès 1856.
Le premier SOCIALISME AUTOCHTONE ÉTATSUNIEN, PRÉ-ANARCHISTE, est partiellement axé sur le Free Love Movement. Surtout Josiah WARREN (moins concerné par la liberté amoureuse) et Stephen ANDREWS. Ils évoluent entre coopération mutualiste, individualisme et expérimentations communautaires : Utopia, Modern Times.
Curiosité religieuse étatsunienne : le perfectionniste John Humphrey NOYES (1811-1886) : MARIAGE COMPLEXE et stirpiculture à Oneida vers 1869-1879.
• Les avancées d’Alexandra KOLLONTAÏ dans la jeune Russie soviétique.
• Les recherches sur l’orgasme et la révolution sexuelle de Wilhelm REICH.

IV. C’est surtout au sein des ANARCHISMES qu’émergent préoccupations et propositions semblables à celles émises par FOURIER, soit en le suivant, soit de manière autonome

1- Mais avec des LIMITES à apporter :
Acceptation de règles ou traditions par de nombreux libertaires : mariages civils, voire religieux, fréquents ; éducation séparée des filles… par quelques anarchistes. Diverses causes : force du conformisme ? volonté de ne pas heurter ses proches ou de les respecter ? dissimulation nécessaire par précaution et volonté de se fondre dans la masse ?…
• Existence certes TRÈS MINORITAIRE d’un anarchisme misogyne (le français PROUDHON) ou macho et anti-homosexualité (l’espagnol José PEIRATS) ou puritain (l’amant d’Emma, l’allemand-étatsunien Johann MOST) ou traditionnaliste (l’italien Carlo MOLASCHI). La femme n’a pas forcément à gagner de passer du mariage bourgeois à l’union libre, car le machisme persiste en terre anarchiste. Terrible inconséquence.
• L’amour libre, le néo-malthusianisme, les communautés pratiquant ou non l’amour libre, la totale indépendance féminine ou homosexuelle… dérangent parfois, et provoquent DES REJETS, PLUS SOUVENT DE MANIÈRE TACTIQUE (dispersion, front secondaire, marginalisation… si on suit par exemple Errico MALATESTA) QU’ÉTHIQUE.
• Existence d’un ANARCHISME MORALISATEUR, PURITAIN, RIGORISTE, ABSTINENT, pour une vie simple et donc des plaisirs uniquement naturels et sans dérèglements : les anarchistes épicuriens et amour-libristes sont donc parfois durement critiqués. L’adultère et la vie sexuelle libre sont même condamnés pour immoralisme par bien des anarchistes qui se posent eux comme les seuls êtres éthiquement irréprochables face à une société dégénérée. C’est la bourgeoisie qui incarne l’immoralisme et la sexualité indécente… On ne doit pas la copier. Terrible méprise souvent ouvriériste.
Positionnements parfois dangereux dans le mouvement EUGÉNISTE : si l’objectif est bien un esprit sain dans un corps sain et libéré et dans une société harmonieuse, certaines formules sont problématiques maladroites ou inquiétantes, comme par exemple la volonté de « stérilisation des dégénérés »10. Certes la plupart datent d’avant le nazisme…

2- Et des PRÉCISIONS terminologiques essentielles :
Quasiment tous LES ANARCHISMES SONT POUR L’UNION LIBRE MAIS PAS TOUS POUR L’AMOUR LIBRE alors que l’inverse est vrai. L’amour libre n’est pas un concept figé (fixed concept) et univoque, et il varie selon les lieux, les périodes, les groupes11. En plus, au XIXº s. dans un milieu globalement hostile et rétrograde, « plus qu’une pratique, le slogan était une provocation théorique de difficile réalisation, y compris pour les anarchistes » comme le note Elena BIGNAMI pour le cas italien12. Ils utilisent diverses notions qui ne se recoupent pas forcément et qui évoluent ou sont simultanément employés comme pour E. ARMAND et ses divers concepts « liberté d’aimer », « amour en liberté », « liberté sexuelle », « amour plural ». Les anarchistes récents proposent une vision sexuelle égalitaire et libertaire, et profondément ouverte et respectueuse des choix de chacune et de chacun. Il faut donc distinguer ce qui touche à la liberté sexuelle ou libre sexualité, et ce qui touche aux formes d’unions entre des êtres amoureux.

UNION LIBRE est le sens principal de l’amour libre au XIXº-début XXº. Il rejoint toutes les théories libertaires sur le CONTRAT entre pairs et prend parfois l’appellation de PACTE LIBRE (Vicente BALLESTER TINOCO tué en 1936). Il correspond au libre choix du ou de la partenaire, et se veut AMOUR EN LIBERTÉ (Sébastien FAURE) donc éventuellement rompu si l’un ou l’autre change d’idée ou de penchant. Il valorise souvent de fait comme de pensée une certaine forme de fidélité et se trouve ici en butte à toutes les positions libertaires pour le droit à l’infidélité et sa décriminalisation (Jan MARESTAN dans l’Encyclopédie anarchiste). Ainsi bien des amours libres entre libertaires produisent des couples restreints choisis et égalitaires, qui durent parfois très longtemps.
MAIS de plus en plus l’union libre anarchiste dépasse ces conventions : BAKOUNINE évoque le MARIAGE LIBRE (Catéchisme révolutionnaire 1865) dans un sens ouvert. Cela rejoint Leopoldo BONAFULLA (Joan Baptista ESTEVE) avec sa FAMILLE LIBRE en 1910 ou Vicente NEBOT [Ateneo racionalista catalano (début XXº siècle) et ses COMMUNAUTÉS AMOUREUSES13]. DURRUTI valide les COUPLES LIBRES dans sa colonne et le chilien Alejandro JODOROWSKY propose aujourd’hui un CONTRATO DE PAREJA PARA UN AMOR LIBRE. Lionel LABOSSE souhaite un CONTRAT UNIVERSEL et pour le côté changeant et éphémère on peut évoquer les TAZ d’Hakim BEY.

ATTENTION : la CONVIVANCE vécue est loin d’être toujours une forme d’activisme politique ; dans le 1/3 des ménages ouvriers parisiens des années 1860 qui vivent en union libre (reconnue par le Journal officiel du 11/04/187114) très rares sont sans doute celles et ceux qui le font de manière idéologiquement marquée, sauf sans doute en Espagne où sont nombreux les PAREJAS DE HECHO. Ces MATRIMONIOS CIVILES furent légalisés par un ministre anarchiste en 1936 : Juan GARCÍA OLIVER.

giovedì 14 aprile 2016

MAYA VIENT DE NOUS QUITTER, par Michel Antony

Maya Surduts
Sa chaleur humaine, son ouverture, ses colères et sa grande gueule libertaire nous manquent déjà… Il lui arrivait d’être plus chiante que moi en réunion ce n’est pas peu dire.
Maya est connue pour ses engagements politiques et féministes, souvent mêlés (voir fiche AFP ci-dessous), elle est moins citée pour son rôle majeur dans les mouvements pour la défense des services publics et pour une santé de proximité, démocratique et égalitaire, comme dans le Collectif national contre les franchises, dans Notre Santé en Danger ou dans le vaste mouvement autour des Lilas et de son emblématique maternité… Elle est venue maintes fois aux Rencontres nationales et aux débats de la Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité, et malgré la fatigue, elle restait souvent jusqu’au bout depuis l’arrivée du vendredi soir jusqu’à l’assemblée générale du dimanche matin.
Je voudrais juste évoquer 4 instants parmi tant d’autres…

- Notre Rencontre d’Arcachon-Cazaux en mai 2010. Lorsque j’introduis les orateurs, je leur recommande de parler 10 mn maxi pour ne pas limiter le débat avec la salle. Tous sont Ok mais lorsque c’est le tour de Maya, alors que nous venons juste de plaisanter avec grand clin d’œil tous les deux, elle me fusille de son regard noir et de sa voix de tribun inoubliable elle hurle à la salle que personne n’a jamais pu la faire taire et la limiter. C’était tout elle, capable de passer de la gentillesse la plus douce, de l’auto-ironie, à l’attaque frontale énergique contre tout ce qui se présentait.

- Un soir à la fête de l’Humanité, vers 2011 ou 2012 je crois, on organise une tribune sur les maternités, le droit des femmes et la défense de l’IVG. 5 ou 6 femmes, et je crois que j’étais en tribune le seul homme (peut être deux si ma mémoire ne flanche pas trop). Avec une ironie mordante, Maya me glisse à l’oreille ; bon on accepte les minorités ici, mais tu n’as pas intérêt à monopoliser la parole. Bon ben j’étais prévenu, car derrière le sourire ironique se dissimulait à peine l’énergie batailleuse. Et pour monopoliser la parole, elle parlait en vraie connaisseuse.

lunedì 30 settembre 2013

venerdì 5 agosto 2011

UN VENEZUELA BIEN AMBIGU SUR LE FRONT DES AUTONOMIES, par Michel Antony

Cari compagni della Redazione di Utopia Rossa, sono molto contento che sul nostro blog compaia questa analisi duramente e giustamente critica del chavismo. L'ha elaborata un compagno libertario francese, nostro amico e da vari anni attento lettore dei materiali di Utopia Rossa. Invito i lettori a fare tesoro dei concetti e della documentazione che essa contiene, soprattutto sulla situazione presente del movimento chavista: un movimento di cui analizzai personalmente l'ascesa e le contraddizioni nel mio libro Hugo Chávez, tra Bolívar e Porto Alegre, pubblicato nell'ottobre 2005, vale a dire in un periodo in cui l'involuzione del movimento non era ancora così netta e drammatica come si è visto in seguito. Il tema è molto importante e merita di essere ancora approfondito con contributi dello stesso Michel Antony, di Douglas Bravo o di altri nostri compagni venezuelani.
(Roberto Massari)

Chers compagnons de la Rédaction d'Utopie Rouge, je suis très heureux que paraisse sur notre blog cette analyse critique dure et juste sur le chavisme. Elle a été écrite par un camarade libertaire français, notre ami, et depuis des années un attentif lecteur de nos productions. J'invite les lecteurs à prendre en compte les concepts et la documentation que cette analyse contient, surtout sur la situation actuelle du mouvement chaviste: un mouvement dont j'ai personnellement analysé l'avènement et les contradictions dans mon livre Hugo Chávez, tra Bolívar e Porto Alegre, publié en octobre 2005, c'est à dire dans une période dans laquelle l'évolution du mouvement n'était pas encore aussi nette et dramatique, comme on peut désormais s'en rendre compte. Le thème est très important et mérite d'être encore approfondi avec des contributions supplémentaires de Michel ANTONY, de Douglas BRAVO et d'autres, notamment nos compagnons vénézueliens.
Roberto MASSARI

Queridos compañeros de la Redacción de Utopia Roja: estoy muy contento que en nuestro blog se publique este análisis duro y justamente crítico hacia el chavismo. Lo ha elaborado un compañero libertario francés, amigo nuestro y, desde hace varios años, atento lector de los materiales de Utopía Roja. Invito a los lectores a valorar los conceptos y la documentación que el mismo contiene, sobre todo sobre la situación actual del movimiento chavista: un movimiento sobre el cual analicé personalmente el ascenso y sus contradicciones en mi libro Hugo Chávez, tra Bolívar e Porto Alegre, publicado en octubre de 2005, es decir en un momento en que la involución del movimiento no era aún tan dramática como se vio sucesivamente. El tema es muy importante y merece ser profundizado con aportes del mismo Michel Antony, de Douglas Bravo u otros compañeros nuestros venezolanos.

Roberto Massari

« ¡O Inventamos o Erramos! - Où nous inventons, ou nous nous trompons!»
Simón RODRÍGUEZ - Début XIX° siècle

Le Venezuela est une terre relativement peu touchée par l'anarchisme, malgré la présence à différents moments de personnalités assez fortes, souvent liées à l'immigration : Ángel CAPPELLETTI, Victor GARCÍA, Concha LLIAÑO GIL (née en 1916), Octavio ALBEROLA, Alfredo VALLOTA, Nelson MÉNDEZ, Rafael UZCÁTEGUI[1]… L'apport des réfugiés espagnols après 1939 a été ici aussi influent.

RED UTOPIA ROJA – Principles / Principios / Princìpi / Principes / Princípios

a) The end does not justify the means, but the means which we use must reflect the essence of the end.

b) Support for the struggle of all peoples against imperialism and/or for their self determination, independently of their political leaderships.

c) For the autonomy and total independence from the political projects of capitalism.

d) The unity of the workers of the world - intellectual and physical workers, without ideological discrimination of any kind (apart from the basics of anti-capitalism, anti-imperialism and of socialism).

e) Fight against political bureaucracies, for direct and councils democracy.

f) Save all life on the Planet, save humanity.

g) For a Red Utopist, cultural work and artistic creation in particular, represent the noblest revolutionary attempt to fight against fear and death. Each creation is an act of love for life, and at the same time a proposal for humanization.

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a) El fin no justifica los medios, y en los medios que empleamos debe estar reflejada la esencia del fin.

b) Apoyo a las luchas de todos los pueblos contra el imperialismo y/o por su autodeterminación, independientemente de sus direcciones políticas.

c) Por la autonomía y la independencia total respecto a los proyectos políticos del capitalismo.

d) Unidad del mundo del trabajo intelectual y físico, sin discriminaciones ideológicas de ningún tipo, fuera de la identidad “anticapitalista, antiimperialista y por el socialismo”.

e) Lucha contra las burocracias políticas, por la democracia directa y consejista.

f) Salvar la vida sobre la Tierra, salvar a la humanidad.

g) Para un Utopista Rojo el trabajo cultural y la creación artística en particular son el más noble intento revolucionario de lucha contra los miedos y la muerte. Toda creación es un acto de amor a la vida, por lo mismo es una propuesta de humanización.

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a) Il fine non giustifica i mezzi, ma nei mezzi che impieghiamo dev’essere riflessa l’essenza del fine.

b) Sostegno alle lotte di tutti i popoli contro l’imperialismo e/o per la loro autodeterminazione, indipendentemente dalle loro direzioni politiche.

c) Per l’autonomia e l’indipendenza totale dai progetti politici del capitalismo.

d) Unità del mondo del lavoro mentale e materiale, senza discriminazioni ideologiche di alcun tipo (a parte le «basi anticapitaliste, antimperialiste e per il socialismo».

e) Lotta contro le burocrazie politiche, per la democrazia diretta e consigliare.

f) Salvare la vita sulla Terra, salvare l’umanità.

g) Per un Utopista Rosso il lavoro culturale e la creazione artistica in particolare rappresentano il più nobile tentativo rivoluzionario per lottare contro le paure e la morte. Ogni creazione è un atto d’amore per la vita, e allo stesso tempo una proposta di umanizzazione.

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a) La fin ne justifie pas les moyens, et dans les moyens que nous utilisons doit apparaître l'essence de la fin projetée.

b) Appui aux luttes de tous les peuples menées contre l'impérialisme et/ou pour leur autodétermination, indépendamment de leurs directions politiques.

c) Pour l'autonomie et la totale indépendance par rapport aux projets politiques du capitalisme.

d) Unité du monde du travail intellectuel et manuel, sans discriminations idéologiques d'aucun type, en dehors de l'identité "anticapitaliste, anti-impérialiste et pour le socialisme".

e) Lutte contre les bureaucraties politiques, et pour la démocratie directe et conseilliste.

f) Sauver la vie sur Terre, sauver l'Humanité.

g) Pour un Utopiste Rouge, le travail culturel, et plus particulièrement la création artistique, représentent la plus noble tentative révolutionnaire pour lutter contre la peur et contre la mort. Toute création est un acte d'amour pour la vie, et en même temps une proposition d'humanisation.

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a) O fim não justifica os médios, e os médios utilizados devem reflectir a essência do fim.

b) Apoio às lutas de todos os povos contra o imperialismo e/ou pela auto-determinação, independentemente das direcções políticas deles.

c) Pela autonomia e a independência respeito total para com os projectos políticos do capitalismo.

d) Unidade do mundo do trabalho intelectual e físico, sem discriminações ideológicas de nenhum tipo, fora da identidade “anti-capitalista, anti-imperialista e pelo socialismo”.

e) Luta contra as burocracias políticas, pela democracia directa e dos conselhos.

f) Salvar a vida na Terra, salvar a humanidade.

g) Para um Utopista Vermelho o trabalho cultural e a criação artística em particular representam os mais nobres tentativos revolucionários por lutar contra os medos e a morte. Cada criação é um ato de amor para com a vida e, no mesmo tempo, uma proposta de humanização.